Culture droit

Frissons d’assises pour lire à la plage

(ou à la montagne, je ne suis pas discriminante sur vos lieux de vacances)

Si vous être aussi accros aux livres que moi, vous devez connaître les semaines avant les vacances pendant lesquelles on part flâner dans nos librairies préférées à la recherche des romans de notre été et des livres qui auront la chance de partir à la plage ou à la montagne.

Je les achète en général par trois ou quatre, privilégie les polars mais prend toujours un en plus hors ma catégorie de prédilection.

 

601407_10151842531337853_777927010_n

Alors je vous conseille en passant devant, d’attraper le livre de Stéphane Durand-Souffland, Frisssons d’Assises.

L’auteur est chroniqueur judiciaire au Figaro et a couvert de nombreux gros procès d’assises de ces dernières années.

J’ai assez écrit sur ces pages à quel point je n’aimais pas le droit pénal.

Pour autant, les Assises me fascinent et si je devais choisir de faire du pénal ce serait pour justement pour ce « frisson d’assises ».

1507-1

 

Le sous titre du livre c’est « L’instant où le procès bascule ».

L’idée n’est donc pas de raconter des procès dans leur intégralité mais de saisir la particularité d’un moment, de ce moment qui peut avoir une issue sur la décision finale !

J’ai failli passer à côté de ce livre en raison de petites coquilles, difficultés de compréhension de certains passages de l’introduction (oui je sais, je suis exigeante avec les auteurs).

Et puis j’y suis retournée. Histoire par histoire. Procès par procès.

C’est ce genre de livre qu’on peut lire en même temps qu’un autre, se dire « une histoire et après je vais surfer une vague ».

On repart on revient, c’est assez facile.

Outre l’écriture soignée, c’est surtout les descriptions des ambiances qui nous transportent dans les salles d’assises de toute la France.

Tant et si bien qu’en lisant la partie sur l’affaire Hotyat, procès auquel j’ai assisté quasiment dans son intégralité, j’ai eu l’impression d’être encore dans cette salle très particulière et j’ai lu chez Stéphane Durand-Souffland ce que j’avais ressenti pendant ces moments là !

L’auteur n’est tendre ni avec les mauvais procs, ni avec les mauvais avocats tout comme il reconnaît le talent d’un avocat général ou d’un président de Cour.</p

Outreau, Fourniret, Colonna…

Plus que des instants d’audience ce sont des instants de culture générale qui se dégagent de ce bouquin oh combien réussi.

Et à ceux qui prennent la route d’escampette ce soir, je vous les souhaite bien bonnes vos vacances, vous les avez bien méritées !

Publicités

Présumé coupable ou le combat d’un homme contre une erreur judiciaire

(Ce billet inaugure une nouvelle catégorie. Je vous propose un vendredi sur deux de vous parler d’un film, d’une série, d’un bouquin en relation avec le monde juridique, judiciaire, ou policier au sens large. Vu l’enthousiasme suscité (merci @Ansyass), j’espère que ça vous plaira).

Quand il s’agit de regarder des films ou des séries sur l’univers de la justice, il m’est toujours difficile de prendre le recul nécessaire et de ne pas trouver que la réalité est un peu, voire très, déformée.

Un peu comme les médecins rigolent très fort devant Urgences ou Grey’s Anatomy. Ben nous, on rigole très fort devant Avocats et Associes.

19749241

Pour autant, je n’ai pu m’empêcher de regarder le film « Présumé Coupable » et d’en être bouleversée par la manière dont cette grosse machine appelée Justice peut broyer quelqu’un rapidement.

Ce film est adapté du livre écrit par Me Alain Marécaux, huissier de justice de son état, qui a fait partie des personnes accusées et condamnées à tort lors de la désormais, aussi tristement célèbre que sordide, « Affaire Outreau ».

Nous voilà donc spectateurs d’une longue descente aux enfers d’un homme, père de famille, huissier de justice, patron d’une entreprise, qui se retrouve du jour au lendemain accusé des pires choses, des pires actes qu’il soit, des pires accusations pour un homme innocent.

Il est – vous le savez tous – lui, sa femme, et 13 autres personnes – accusé de viol sur ses enfants et leurs copains ainsi que de proxénétisme sur les mêmes gamins.

Entre le jour de son arrestation et le jour du procès d’Assises, Monsieur Marécaux passera près de 3 ans en détention provisoire, tantôt en maison d’arrêt, tantôt en hôpital psychiatrique.

Et le film nous met en position de spectateur impuissant devant toutes les incohérences de cette procédure, devant la détresse de cet homme qui perd peu à peu tout ce qu’il a, devant le froideur de ce juge qui a été tellement décrié, mais aussi face à cet immense rouleau compresseur qu’est ce semblant de justice, auquel on a eu droit dans cette affaire.

On a envie de crier son innocence tellement elle semble évidente, on a envie de dire au juge d’instruction que ce n’est pas possible tellement on la voit flagrante, on a envie de se dire que cette affaire n’a pas pu exister dans notre pays.

Je n’ai pas envie de vous en dire plus sur ce film pour ne pas vous empêcher d’aller le voir. Parce que je pense qu’il faut voir ce film. Il faut être conscient de ce qui s’est passé dans cette affaire-là. Et surtout ne pas l’oublier. Et surtout de faire en sorte que jamais cela ne se reproduise.

(Crédit Photos : Allociné)