Présumé coupable ou le combat d’un homme contre une erreur judiciaire

(Ce billet inaugure une nouvelle catégorie. Je vous propose un vendredi sur deux de vous parler d’un film, d’une série, d’un bouquin en relation avec le monde juridique, judiciaire, ou policier au sens large. Vu l’enthousiasme suscité (merci @Ansyass), j’espère que ça vous plaira).

Quand il s’agit de regarder des films ou des séries sur l’univers de la justice, il m’est toujours difficile de prendre le recul nécessaire et de ne pas trouver que la réalité est un peu, voire très, déformée.

Un peu comme les médecins rigolent très fort devant Urgences ou Grey’s Anatomy. Ben nous, on rigole très fort devant Avocats et Associes.

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Pour autant, je n’ai pu m’empêcher de regarder le film « Présumé Coupable » et d’en être bouleversée par la manière dont cette grosse machine appelée Justice peut broyer quelqu’un rapidement.

Ce film est adapté du livre écrit par Me Alain Marécaux, huissier de justice de son état, qui a fait partie des personnes accusées et condamnées à tort lors de la désormais, aussi tristement célèbre que sordide, « Affaire Outreau ».

Nous voilà donc spectateurs d’une longue descente aux enfers d’un homme, père de famille, huissier de justice, patron d’une entreprise, qui se retrouve du jour au lendemain accusé des pires choses, des pires actes qu’il soit, des pires accusations pour un homme innocent.

Il est – vous le savez tous – lui, sa femme, et 13 autres personnes – accusé de viol sur ses enfants et leurs copains ainsi que de proxénétisme sur les mêmes gamins.

Entre le jour de son arrestation et le jour du procès d’Assises, Monsieur Marécaux passera près de 3 ans en détention provisoire, tantôt en maison d’arrêt, tantôt en hôpital psychiatrique.

Et le film nous met en position de spectateur impuissant devant toutes les incohérences de cette procédure, devant la détresse de cet homme qui perd peu à peu tout ce qu’il a, devant le froideur de ce juge qui a été tellement décrié, mais aussi face à cet immense rouleau compresseur qu’est ce semblant de justice, auquel on a eu droit dans cette affaire.

On a envie de crier son innocence tellement elle semble évidente, on a envie de dire au juge d’instruction que ce n’est pas possible tellement on la voit flagrante, on a envie de se dire que cette affaire n’a pas pu exister dans notre pays.

Je n’ai pas envie de vous en dire plus sur ce film pour ne pas vous empêcher d’aller le voir. Parce que je pense qu’il faut voir ce film. Il faut être conscient de ce qui s’est passé dans cette affaire-là. Et surtout ne pas l’oublier. Et surtout de faire en sorte que jamais cela ne se reproduise.

(Crédit Photos : Allociné)

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2 commentaires

    1. je ne vois pas en quoi le livre de Monsieur Thomet apporte un complément d’information sur Monsieur Marécaux. La critique du film ne préjuge en aucun cas du reste du dossier, sur lequel je me garderai bien de donner un avis…

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